Suite aux réunions du CE DEVO Sol 92 du 12 juin 2007 et des DP du 13 juin 2007, MAH et PP, tous deux syndicalistes et respectivement DSC CGT et DSC CFE-CGC apprennent que des réunions dites d’intercontrat(1) ont lieu toutes les semaines le jeudi matin au 34K pour repartir en mission dans les délais les plus brefs ; Tant mieux.

Remarque à l’intention des lecteurs et plus particulièrement de la direction :

Les délais les plus brefs signifie immédiatement dans tous les cas et non le plus tard possible, même lorsque le code du travail n’est au chevet du lit que pour ne pas abuser de somnifères.

Les IM (2) sont accueillis par AY un gars bien, qui fait du mieux qu’il peut pour faire matcher compétences et propositions de mission.
Il rappelle l’objectif de la réunion : Faire le maximum pour trouver des pistes afin que chacun puisse repartir le plus vite possible en clientèle.
Il ajoute un petit laïus sur le statut de la BU, peu d’IM et le taux d’IM le plus faible de DEVOTEAM.

Surgit alors AG d’on ne sait où, l’air satisfait de lui-même qui rappellera alors l’expression du petit vieux qui sortait du bureau de vote dimanche en se caressant le ventre, satisfait du devoir accompli.

AG : « La situation évolue chaque semaine, nous sommes en très forte croissance.
Bien qu’ARAMIS nous pose des problèmes de bug en matière de gestion de profit, de chiffre d’affaire et de croissance, notre professionnalisme et la profonde implication de l’équipe commerciale nous permettent de gérer la situation de façon optimale.
Ce qu’il faut comprendre, c’est le prix d’intervention, le TGM comme on l’appelle nous conduit à vendre le plus cher possible.
J’en viens au niveau d’intercontrat (1), donc d’inactivité ;
Car on ne rapporte rien lorsqu’on est en intercontrat (1).
Les échanges par mails sont pratiques, mais l’objectif de cette réunion est de se rencontrer afin d’échanger, car ce que je préfère c’est le contact (3) ;
L’aspect lumineux d’une personne ne se perçoit pas à la lecture de son CV.
Les résultats de la BU sont en pleine croissance et le taux d’intercontrat est inférieur à « tant » (4).
Notre seul but est de maximaliser les chances pour pouvoir intervenir en clientèle. »

Un syndicaliste : En dehors de cette réunion, les intermissions doivent-ils passer régulièrement signer une feuille de présence ou quoi que ce soit d’autre ?

AG : Non pas du tout.

Un syndicaliste : Vraiment personne ?

AG : NON, ce n’est pas le cas.

Un syndicaliste : Même durant l’été, rien dans ce sens n’aura été évoqué ? Ni pointage, ni congés forcés ?

AG : Non, bien évidemment. Cela dit, le « Business model (5)» de DEVOTEAM doit être respecté. Certaines personnes sont astreintes à participer plus proactivement.

Un syndicaliste : Mais qui décide de savoir de quelles personnes il s’agit en matière de congés forcés et pointage systématique ?

AG : Je me forge une opinion personnelle sur les mesures à prendre.

Un syndicaliste : Le fait que tu sois seul juge pourrait-il t’amener à prendre des décisions purement subjectives et donc discriminatoires ?

AG : Pas du tout, il n’y a aucune discrimination, car la population mise en cause est parfaitement ciblée.

Un syndicaliste : De quelle population s’agit-il ? Peux-tu nous la décrire ?

AG : je ne peux pas répondre.

Un syndicaliste : Tu peux répondre puisse que c’est toi qui décide du type de population que tu viens d’évoquer.

AG : Ne dit rien.

Un syndicaliste : Je te donne des exemples et tu répondra par OUI ou NON.

Des petits hommes gris, des verts aux oreilles pointus, des femmes ou des borgnes par exemple, tu dois pouvoir nous le dire, tu évoques un ciblage de population.

AG :
Je ne peux pas te laisser dire ça.
Je ne peux pas te laisser dire ça.
Je ne peux pas te laisser dire ça.
Je ne peux pas te laisser dire ça.

 

Un syndicaliste : Je ne te donne que des exemples pour mieux comprendre, tu es incapable de décrire la population dont tu parles, décris nous cette population ?

AG : Qui est debout derrière les deux syndicalistes pointe un doigt rageur vers eux et continue à déclamer : « Je ne peux pas te laisser dire ça ».

Un syndicaliste : Ton comportement donne des signes de menaces, cela me rappelle « Rouleau compresseur à droite, Rouleau à pâtisserie à gauche ».

En raison de l’urgence de la situation, Un syndicaliste donne à AG une invitation à la journée CFE-CGC qui organise une table ronde sur la thématique du stress et de sa prévention au travail.

AG remercie avec courtoisie, un large sourire à la bouche et profite qu’il a reprit la parole pour en remettre une couche sur le discours initial.

Nous profitons de la période estivale pour faire le maximum pour vous retrouver la mission qui correspond à votre profil.

Un syndicaliste : A ce sujet, personne ne supporte de congés imposés.

AG : Non, bien sur que non.

Un syndicaliste : Nous pouvons te féliciter donc. Il semblerait que depuis que tu es en poste, aucune mission ne soit imposée, pas plus que les congés. Les consultants n’auraient que des missions correspondant à leur profil.

AG : Non, bien sur que non.

Un syndicaliste : Nous te sentons très respectueux de la loi et de la convention Syntec. Toutes les locations de services qui ont donné lieu aux missions des consultants ont bien été précédées de rédaction d’ordre de mission.

AG : Bien entendu, c’est le cas systématiquement.

Un syndicaliste : Je ne sais plus quoi dire, tellement je suis content d’entendre un pareil discours. Pour que notre auditoire comprenne bien, je résume la situation :

L’équipe commerciale fait son job et dès qu’un client accepte le service que DEVOTEAM lui propose, un contrat commercial est finalisé avec les signatures des 2 parties.

A l’issue, vous contactez le ou les consultant(s) prévu(s) pour mener à bien le service demandé, vous rédigez un ordre de mission signé par toi et le(s) consultant(s).

AG : Semble contrarié et son « fun » dissipé, il réclame « que tout le monde reprenne sa joie de vivre et sa bonne humeur ».

Un syndicaliste : Personne ici en dehors de toi a perdu son fun et sa joie de vivre. D’autre part tu m’as coupé dans ma phrase et je voudrais savoir si le process imposé et bien légal et conforme à l’accord de branche :

L’équipe commerciale fait son job et dès qu’un client accepte le service que DEVOTEAM lui propose, un contrat commercial est finalisé avec les signatures des 2 parties.

A l’issue, vous contactez le ou les consultant(s) prévu(s) pour mener à terme le service demandé, vous rédigez un ordre de mission signé par toi et le(s) consultant(s).

Cet ordre de mission comprend à minima :

  • La description du service qui sera rendu,
  • Les horaires normaux, les modalités de rétribution des travaux supplémentairement et astreintes
  • Les conditions de remboursement de frais qui ne sont pas à la charge du consultant.

AG : Mais oui bien, il n’y a aucun problème. Les ordres de mission sont bien mis en œuvre.

Un syndicaliste : Pour tous.

AG : Mais oui, c’est agaçant que tu mette ma confiance en doute.

Un syndicaliste : Pas du tout au contraire. Puisque tu rédiges autant d’ordres de mission, il n’y aura aucun problème pour que nous en montre un, un seul, n’importe lequel.

AG : Ah, non, non. Ce n’est pas possible, je ne suis que l’exécutant.

Un syndicaliste : Mais si c’est possible, tu n’es pas un simple collaborateur, tu es le directeur de la BU.

AG : Non, je ne montrerai rien, je ne suis pas venu pour cela. Je n’aime pas qu’on mette ma parole en doute.

Un syndicaliste : Je le fais car tu mens.

AG : Je suis heureux que tu l’ais dit en public.

Un syndicaliste : Moi aussi ; Je préfère que cela soit public.

AG se tait, mais son sens du contact parait émoussé car il part à l’extrémité opposée de la table de réunion pour conclure cette plaisante conversation en déclarant :

« Le pointage fera l’objet d’une autre réunion ». (6)

Loin des syndicalistes la mobilité des consultants est évoquée ; Personne ne peut refuser une mission, c’est écrit dans le contrat de travail.

Un syndicaliste : Ce n’est pas écrit dans tous les contrats de travail.

Les contrats de travail dans notre entreprise sont tellement nombreux et différents que je doute que tu es pu tous les consulter. Certains n’ont pas de clause de mobilité qui permettrait d’accepter n’importe quelle mission comme tu tentes de le suggérer.

AG laisse AY faire son boulot, mais fini par annuler la réunion lorsque le problème épineux des promesses de formation non tenues et qui ne le seront jamais se manifeste.

Le bateleur AG a totalement perdu son sens fun et sa joie de vivre, son visage s’assombrit d’une expression commune aux esprits vengeurs, la tête baissée.

Les syndicalistes s’en vont les premiers, suivis des IM. Seul le secrétaire CFDT du CE DEVO Sol 92 reste avec YB pour une consolation non méritée.

(1) Intercontrat : mot utilisé à outrance dans l’entreprise mais qui n’a aucun sens dans le contexte d’une SSII.

(2) IM : Intermissions : Les femmes (<10%) et garçons, consultants, techniciens ou ingénieurs qui ont terminés leur mission après que le contrat commercial entre DEVOTEAM et le client ait pris fin. En général, la date de fin est connue longtemps à l’avance, parfois même écrite dans le contrat initial lorsqu’il existe. Les IM sont souvent surpris d’apprendre que leur mission se termine si brusquement et encore plus étonnés, lorsqu’il reviennent à Levallois (Certains n’y sont passés qu’une fois pour signer leur contrat de travail) de s’apercevoir que rien n’est prévu pour eux. Pas plus de services à louer à un client qui correspondrait à leur profil ou aux desiderata approuvés lors des différents entretiens d’évaluation annuels, entretiens professionnels ou entretiens de ranking. Cette période sans travail pourrait être propice à les former sur les nouvelles technologies, mais là encore, on ne perçoit pas le fond du gouffre entre l’évidence et la réalité du terrain.

(3) Contact : Probablement une déformation novlangue du dialecte « corporate » utlisé à Levallois. On verra plus loin que ce mot est franchement galvaudé dans la bouche d’André.

(4) Insolite, l’information de départ n’est pas la même que celle citée, nous n’en voudrons pas à André, il doit être débordé, c’était le dernier à arriver à la réunion.

(5) Traduction de l’auteur : le business model de DEVOTEAM rappelle fortement l’affaire des business men sans argent, question posée à la réunion des DP du mois d’avril qui s’était achevée par départ précipité des représentantes de la direction pour convenances personnelles.

(6) Merci AG, on attendra la prochaine réunion pour te donner notre avis à nouveau.

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